J’ignore ce qu’est la réussite d’une histoire d’amour, mais je sais ceci: il n’y a pas d’échec amoureux. C’est une contradiction dans les termes. Eprouver l’amour est déjà un tel triomphe que l’on pourrait se demander pourquoi l’on veut davantage.
Amélie Nothomb, “Le Voyage d’hiver”, P.50, Edition: Le Livre de Poche.
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Ode à une certaine…
Poème de Marwan
A celle qui pénétra dans ma vie
Une balle de revolver au coup de minuit.
A celle qui dans mon cœur élu foyer
Cette antre si vaste au lit si douillet.A celle qui éplucha mes plus solides carapaces
Comme un fruit exotique, délicieux et vivace.
A celle pour qui mon vaillant et invaincu bouclier
Ne fait pas plus d’effet qu’une muraille de papier.A celle qui est devenue mon centre de gravité
Ma boussole, ma raison d’être, de vivre, ma fierté.
A celle qui un jour deviendra l’Isis et l’ Athéna,
Pour une descendance qui sera à la fois, elle et moi.
Un succès made in Rabat au Maroc
C’est un succès made in Rabat au Maroc! Avec 2000 spectateurs aux cérémonies d’ouverture et de clôture et plus de 1200 spectateurs aux séances de vote du 20 au 23 Octobre 2010, on peut dire avec toute confiance que le cinéma local se porte bien.
Le 1er Festival du Court métrage Marocain de Rabat a mis 24 films en compétition. 8 sont arrivés en finale dont 4 ont été primés par le jury:
1- Le Grand Prix: LE LIVRE DE LA VIE de Moulay Taieb BOUHANANA
2- La mention Spéciale: ex aequo – ED’RI de Abdelghafar ESSALFI & MON CHOIX de Houssam AZMANI
3- La mention du mérité: BAOUABAT ASSAADA de Fouad SOUIBA
Coup de coeur du public :
- LA DERNIERE BALLE de ASMAE EL MOUDIR
- AMOURS BLINDE de YOUNES MOUMINE
- LA TRICHE ET LA RAISON de MONCEF EL KADIRI
- AU NOM DE MON PERE de ABDELILAH ZIRAT
Bravo pour toute l’équipe d’organisation et rendez-vous l’année prochaine pour la seconde édition!
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Les Arabes sont des Jarabes
Poème de Rami Abi Tayeh
Dans la puanteur matinale quotidienne de Beyrouth
Un pauvre citoyen est en pleine déroute
Pensant faire le bien, il se fait arnaquer
Par un cireur de chaussure et un égyptien ouvrierLe cireur, il faut l’avouer maîtrise sa technique
La chaussure reluit comme une précieuse céramique
D’une main de maître il manie sa brosse
Mais le prix de son service, cache une voracité financière féroceMon ami lui dis-je entendez la raison
15 000 Livres le cirage c’est de la déraison
Il s’obstine s’entête et insiste
Mais moi aussi je subis l’assaut et résisteBon gré, mal gré, le bougre accepte 5000LL et s’en va
Mais l’égyptien qui lavait ma voitureà côté, le voila
“Ya bacha” me dit – il votre voiture est prête
Ca fera 12000 LL le prix officiel de votre quêteJe paie avec plaisir ce juste prix
Et m’apprête a quitter cette station – service
Mais la petite crapule, bombe son torse et se récrie
Réclame un pourboire en guise de sociale justicePestant contre mes concitoyens Libanais
Je m’empêche d’arracher le volant de ma voiture
Et de le lui envoyer en pleine figure
Et arrête le flux de paroles qui de ma bouche sortirait en FrançaisJe lui rappelle qu’il est salarié
Je lui rappelle la nature de son travail
Je lui rappelle qu’il est payé
Je lui rappelle sa paresse orientaleCar il est vrai qu’en toute vérité
L’ouvrier égyptien est un corrompu habitué
Pour un “Bakhchish”, il moyenne ses services
Je l’envoie paître donc, sans maliceMon mécanicien chez le qui je m’empresse de partir
Secoue sa tête et me dit avec un air de martyr
Le moteur de votre voiture est en bon état
Mais son lavage c’est du charabiaPerdant tout semblant de réserve
Je laisse libre cours à ma rage et détresse
“Les Arabes sont des Jarabes” est la logique conclusion
Et de changer d’avis il n’est absolument pas question!
Hémorragie
Poème de Rami Abi Tayeh
Le crépuscule ensanglante un ciel obscur
Tel une agonie qui murmure
Le rouge d’un soleil déjà noyé dans les abîmes de la mer
Signe que les oiseaux vont se taire…Perverses, les étoiles pointent avec leur froid éclat
L’obscurité triomphe après un ultime combat
L’âme inquiète, comme prévoyant le trépas
Sur son lit de mort, un malade combatIgnoré, seul, luttant contre l’indifférence
Vie et mort s’affrontant avec une rare violence
L’angoisse grandissant avec l’hémorragie des heures
Il croit déjà voir les larmes et les pleursLes secondes s’égrènent en un tic-tac assourdissant
Nés d’une pendule moqueuse sur un mur tout blanc
Ce blanc stérile, ce blanc décevant…
Insulte ultime, un blanc outrageant…De cet abîme sombre sous ce néon blanc
Un peu de chaleur diffuse, d’une main bienveillante
Ebranle cette agonie, change la donne
Un ange sourit, et éclaire cette solitude…La résignation devient une douce acceptance
La mort honnie, devient délivrance
Non pas accélérée mais ponctuelle
Après de touchants adieux, et une vie bien pleine..Car c’est bien d’une hémorragie ici qu’il s’agit
Celle de la souffrance et du non-sens
Celle de la solitude et de l’indifference
La mort n’est plus une prétendue indulgence
Mais bien une naissance

