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When the light bulb lights up! – Rita Kamel's Blog

Ode à une certaine…

Poème de Marwan

A celle qui pénétra dans ma vie
Une balle de revolver au coup de minuit.
A celle qui dans mon cœur élu foyer
Cette antre si vaste au lit si douillet.

A celle qui éplucha mes plus solides carapaces
Comme un fruit exotique, délicieux et vivace.
A celle pour qui mon vaillant et invaincu bouclier
Ne fait pas plus d’effet qu’une muraille de papier.

A celle qui est devenue mon centre de gravité
Ma boussole, ma raison d’être, de vivre, ma fierté.
A celle qui un jour deviendra l’Isis et l’ Athéna,
Pour une descendance qui sera à la fois, elle et moi.

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Les Arabes sont des Jarabes

Poème de Rami Abi Tayeh

rami Les Arabes sont des JarabesDans la puanteur matinale quotidienne de Beyrouth
Un pauvre citoyen est en pleine déroute
Pensant faire le bien, il se fait arnaquer
Par un cireur de chaussure et un égyptien ouvrier

Le cireur, il faut l’avouer maîtrise sa technique
La chaussure reluit comme une précieuse céramique
D’une main de maître il manie sa brosse
Mais le prix de son service, cache une voracité financière féroce

Mon ami lui dis-je entendez la raison
15 000 Livres le cirage c’est de la déraison
Il s’obstine s’entête et insiste
Mais moi aussi je subis l’assaut et résiste

Bon gré, mal gré, le bougre accepte 5000LL et s’en va
Mais l’égyptien qui lavait ma voitureà côté, le voila
“Ya bacha” me dit – il votre voiture est prête
Ca fera 12000 LL le prix officiel de votre quête

Je paie avec plaisir ce juste prix
Et m’apprête a quitter cette station – service
Mais la petite crapule, bombe son torse et se récrie
Réclame un pourboire en guise de sociale justice

Pestant contre mes concitoyens Libanais
Je m’empêche d’arracher le volant de ma voiture
Et de le lui envoyer en pleine figure
Et arrête le flux de paroles qui de ma bouche sortirait en Français

Je lui rappelle qu’il est salarié
Je lui rappelle la nature de son travail
Je lui rappelle qu’il est payé
Je lui rappelle sa paresse orientale

Car il est vrai qu’en toute vérité
L’ouvrier égyptien est un corrompu habitué
Pour un “Bakhchish”, il moyenne ses services
Je l’envoie paître donc, sans malice

Mon mécanicien chez le qui je m’empresse de partir
Secoue sa tête et me dit avec un air de martyr
Le moteur de votre voiture est en bon état
Mais son lavage c’est du charabia

Perdant tout semblant de réserve
Je laisse libre cours à ma rage et détresse
“Les Arabes sont des Jarabes” est la logique conclusion
Et de changer d’avis il n’est absolument pas question!

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Hémorragie

Poème de Rami Abi Tayeh

Le crépuscule ensanglante un ciel obscur
Tel une agonie qui murmure
Le rouge d’un soleil déjà noyé dans les abîmes de la mer
Signe que les oiseaux vont se taire…

Perverses, les étoiles pointent avec leur froid éclat
L’obscurité triomphe après un ultime combat
L’âme inquiète, comme prévoyant le trépas
Sur son lit de mort, un malade combat

Ignoré, seul, luttant contre l’indifférence
Vie et mort s’affrontant avec une rare violence
L’angoisse grandissant avec l’hémorragie des heures
Il croit déjà voir les larmes et les pleurs

Les secondes s’égrènent en un tic-tac assourdissant
Nés d’une pendule moqueuse sur un mur tout blanc
Ce blanc stérile, ce blanc décevant…
Insulte ultime, un blanc outrageant…

De cet abîme sombre sous ce néon blanc
Un peu de chaleur diffuse, d’une main bienveillante
Ebranle cette agonie, change la donne
Un ange sourit, et éclaire cette solitude…

La résignation devient une douce acceptance
La mort honnie, devient délivrance
Non pas accélérée mais ponctuelle
Après de touchants adieux, et une vie bien pleine..

Car c’est bien d’une hémorragie ici qu’il s’agit
Celle de la souffrance et du non-sens
Celle de la solitude et de l’indifference
La mort n’est plus une prétendue indulgence
Mais bien une naissance

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Si et si et quelques pensées

Poème de Rami Abi Tayeh

Si chaque pensée était une bulle
Chaque émotion une tarentule
A mélanger avec une spatule
Et à boire dans une coque de limule

Le monde serait heureux

Si toute la nuit je te berce
Et toute la journée te renverse
Si le printemps reverdit
Et l’été murit

C’est parce que je t’aime bien

Si je te trouve sympa
Et que je ris aux éclats
Si la terre tourne à l’envers
Et le ciel vire au vert

C’est que tu n’es pas mal

Si le monde explose
Si mes émotions implosent
Si mon coeur se mue en vide caverne
Sans pour autant passer à la taverne

C’est que je fais ton deuil

Fuir l’amour, fuir la nuit
Fuir le jour, fuir la pluie
Fuir tout court, fuir le bruit
Fuir la foule et fuir l’ennui

C’est mon coeur qui se détruit

Mais il se fait tard sans rajeunir
Le temps s’écoule inexorable
Tu m’attires sans me retenir
C’est la vérité indéniable

C’est moi qui ne me suis peut être jamais investi…

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