Hémorragie

Poème de Rami Abi Tayeh

Le crépuscule ensanglante un ciel obscur
Tel une agonie qui murmure
Le rouge d’un soleil déjà noyé dans les abîmes de la mer
Signe que les oiseaux vont se taire…

Perverses, les étoiles pointent avec leur froid éclat
L’obscurité triomphe après un ultime combat
L’âme inquiète, comme prévoyant le trépas
Sur son lit de mort, un malade combat

Ignoré, seul, luttant contre l’indifférence
Vie et mort s’affrontant avec une rare violence
L’angoisse grandissant avec l’hémorragie des heures
Il croit déjà voir les larmes et les pleurs

Les secondes s’égrènent en un tic-tac assourdissant
Nés d’une pendule moqueuse sur un mur tout blanc
Ce blanc stérile, ce blanc décevant…
Insulte ultime, un blanc outrageant…

De cet abîme sombre sous ce néon blanc
Un peu de chaleur diffuse, d’une main bienveillante
Ebranle cette agonie, change la donne
Un ange sourit, et éclaire cette solitude…

La résignation devient une douce acceptance
La mort honnie, devient délivrance
Non pas accélérée mais ponctuelle
Après de touchants adieux, et une vie bien pleine..

Car c’est bien d’une hémorragie ici qu’il s’agit
Celle de la souffrance et du non-sens
Celle de la solitude et de l’indifference
La mort n’est plus une prétendue indulgence
Mais bien une naissance

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